Hééé oui comme vous l'aviez deviné, dans la note précédente il fallait trouver "Cent ans de solitude" de Gabriel García Márquez !

"Bien des années plus tard, face au peloton d'exécution, le colonel Aureliano Buendia devait se rappeler ce lointain après-midi au cours duquel son père l'emmena faire connaissance avec la glace."

Et le colonel Aureliano Buendia a eu 17 fils (de 17 femmes différentes), tous appelés Aureliano... Mais également un autre fils (avec la prostituée Pilar Ternera), nommé Aureliano José, dont je ne me suis souvenu qu'en tombant sur cet arbre généalogique :

Bravo donc à tous ceux qui avaient trouvé, et surtout à Blanche qui la première a donné dans le mille Émile



Je l'ai lu dans une vieille édition (vieille = années 80) du Seuil, trouvée dans la bibliothèque familiale :

Cette image est extraite d'une illustration plus grande de Jules-Louis Lejeune, réalisée au début du XIXe à l'occasion d'une expédition scientifique de Louis Isidore Duperrey, vers l'Amérique du Sud à bord du navire "La Coquille" :

Sur une édition ultérieure, on a gardé l'image, mais en boostant un peu les couleurs, pour mettre en avant, heu, surement le côté "Réalisme magique" du roman ?

(non là je fais mon malin avec mon "Réalisme magique", mais il y a une heure je savais pas ce que c'était hein.
On peut même devenir "ami" ou "fan" ou je sais pas quoi, de Réalisme Magique sur Facebook, c'est vous dire que Réalisme Magique est cool)

Bref ça reste une couverture complètement neutre, situant vaguement l'action, pas de personnage, pas de scène ou d'élément auquel se raccrocher. Mais comment faire autrement avec une histoire aussi foisonnante, pleine de personnages tous plus baroques les uns que les autres ?
Que montrer ? Quelque chose qui symbolise le roman ? Des petits poissons dorés ? Un hamac ? Un régime de bananes ?



Depuis les années 80, le D.A. du Seuil s'est surement fait virer (malgré, ou peut-être à cause, qu'il ait boosté les couleurs pour mettre en avant le côté "Réalisme magique", donc), et son remplaçant a dit "Mais merde mais les paysages et les palmiers c'est so 1980 les mecs !"
Et il a demandé à sa stagiaire d'aller chercher une image de perroquet sur Google Doc, et hop le tour était joué :

(franchement je préférais mon idée de régime de bananes)



On peut aussi ne rien mettre, et c'est très bien comme ça :

Bon je fais l'impasse sur toutes les couvertures étrangères, il y en a trop, et aucune n'est vraiment ridicule, c'est pas drôle...



Il semblerait que l'édition française la plus récente soit celle-ci :

(graphique et ludique, de loin ma préférée)



A noter que l'édition colombienne originale était vendue avec un marque-page en forme de Gabriel García Márquez :

(un peu encombrant)



Je termine avec la description d'un des personnages les plus marquants et les plus tragiques du roman, Rebecca, qui arrive un jour à l'improviste au village de Macondo :

"Elle n'avait pas dépassé onze ans. Elle avait effectué le pénible voyage depuis Manaure avec des trafiquants de fourrures qui avaient pour mission de l'acheminer, ainsi qu'une lettre, jusqu'à la maison de José Arcadio Buendia, mais qui ne purent expliquer avec précision quelle était la personne qui leur avait demandé ce service.
Pour tous bagages, elle avait une mallette d’effets personnels, un petit fauteuil à bascule en bois décoré à la main de petites fleurs multicolores, et une sorte de sacoche en toile goudronnée qui faisait un bruit continuel de cloc-cloc-cloc, dans lequel elle transportait les ossements de ses parents."