Allez, après le hip-hop-core-fusion et les rogatons de cire dégueu d'hier, revenons à des valeurs simples : construire un petit moulin sur le ruisseau, manger du jambon, jouer "Jeux interdits" sur une chaise au soleil, avec un chien à ses pieds (oui là c'est pas évident, mais sur la pochette du vinyle on voit que la tache noire dans le coin en bas à droite c'est un chien)

"Le jour de clarté", formidable album "protest-folk" de Graeme Allwright (1968) !

Ayant biberonné au Graeme Allwright, ce n'est que bieeen plus tard que j'ai découvert qu'il s'agissait presque uniquement de reprises de "classiques", et bien évidemment je préfère infiniment ces reprises de Graeme aux originales !

Surtout par exemple "Suzanne", celle de Leonard Cohen est profondément énervante avec ses petits chœurs éthérés dans le fond...

L'accent indéfinissable de Allwright (néo-zélandais en fait) rend la chanson plus intrigante et plus sèche.

(mais la version qui casse tout c'est celle par Nina Simone, qui met minable les deux gars quand même :

Bref, l'album s'ouvre sur le rageur et antimilitariste "Jusqu'à la ceinture", apparemment une reprise de "Waist deep in the big muddy" d'un certain Pete Seeger (?) :

"Le jour de clarté" qui donne son nom à l'album, est le genre de protest-song qui donne envie de se mettre debout sur sa table, la chemise ouverte et le poing levé !

(reprise de "Very last day" par Peter, Paul and Mary)
Apparemment il ne la chante plus en concert, "croyant plus à un changement du monde par un travail de chacun sur la conscience que par un mouvement révolutionnaire classique".
(oui, parce que à 85 ans, il donne toujours des concerts !)

"Viendras-tu avec moi ?", une chanson d'amour morbide particulièrement sombre, semble être une composition originale :


... ainsi que "Ne laisse pas partir ta chance", joué à toute berzingue (à au moins deux guitares ?) :


"Je perds ou bien je gagne" est une reprise de "Blues run the game" par un certain Jackson C. Frank :


La face B s'ouvre sur une nouvelle composition, le très poétique et pastoral "Garde le souvenir", qui donne envie de gambader nu dans les sous-bois au printemps :


Ensuite, surement une des plus connues, "Sacré bouteille" :

reprise de "Bottle of wine" de Tom Paxton

... de même que "Qu'as-tu appris à l'école ?" ("What did you learn in school today ?"), caustique charge contre la société sous ses airs de ballade guillerette et enjouée :


"La ligne Holworth" sur la déportation des bagnards, je ne sais pas si c'est une reprise ou une composition, et je n'arrive pas à savoir si cette ligne Holworth a réellement existé ?


"Petit garçon" est juste... une chanson de Noël. J'ai beau chercher un sous-texte anti-consumériste, une seconde lecture plus sociétale, mais... non, ça semble être juste ce que c'est, une chanson de Noël :


En tout cas c'est une berceuse parfaite, et surtout elle m'a appris le verbe "tintinnabuler", un de mes mots préférés.
Il semble que ce soit une reprise de "Old toy trains" (la vidéo est juste immonde) par Roger Miller, qui ne parle pas des clochettes qui tintinnabulent et qui est donc beaucoup moins bien
(argh et il semblerait que Nana Mouskouri l'ait aussi repris)

Et pour finir l'album encore une reprise de Leonard Cohen, "L'étranger" :


Elles sont très semblables, mais rien à faire j'ai quand même une préférence pour celle de Graeme Allwright : encore une fois son accent bizarre, et la traduction quasiment mot-à-mot du texte rendent celui-ci encore plus onirique.

Mais enfin bref, on n'est pas là pour parler musique !
Moi ça m'a mis de bonne humeur tout ça ! Ça me donne envie de vous montrer des jolies choses colorées !
Par exemple, cet adorable jeu pour les tout-pitis, "Le manège des couleurs" (1979), chez ooooh quelle surprise chez Ravensburger !

Les dessins sont encore une fois de Hermann Wernhard, qui avait déjà illustré ces puzzles, et le Jeu des Pommiers


"Joie et passion avec le Manège des Couleurs", c'est marqué.


Je ne me souviens plus du principe exact, mais en gros il faut assembler les pions autour de son disque (les disques sont thématiques : les véhicules, la bouffe etc)


On lance les dés que l'on voit ci-dessus, et chaque objet étant bicolore il faut retrouver celui qui correspond à son disque


je n'ai aucune idée de pourquoi au verso des pions il y des soleils, des lunes et des étoiles filantes


Voilà pour le principe, ensuite il y a peut-être des règles additionnelles, où il faut lancer 2d10 sous sa compétence en "Épée à deux mains", mais peut-être que je confonds

Et toujours dans la collection "Jeux de poche", un jeu illustré par Heiner Semmerloch : "Sauve qui peut" (1979)

Je suis émerveillé par ce petit plateau où ça foisonne de partout :

Je n'ai plus aucun souvenir des règles, mais je suppose qu'il fallait faire la course jusquà l'enclos en haut à gauche.

Là encore le matériel est un vrai plaisir à manipuler, surtout... cette TOUR :

Sous ses airs de bidule en plastoc rouge, il s'agit en vérité d'une redoutable tour-prison : on introduit le pion fautif (à la suite de je ne sais plus quoi) dans le, disons, dans l’orifice supérieur de la tour ; Il ne pourra en sortir que quand un nouveau pion sera à son tour poussé dans ce trou, éjectant alors le premier par le bas avec un petit plop libérateur ; C'est une véritable extase des sens.


Regardez comme ce doigt vit une véritable extase des sens

Aaaah moi ça m'a fait du bien tout ça ! Je sens que ça va être une bonne journée !
(et merde il est déjà 13h30)